ZICO Île aux Basques et Les Razades
Trois-Pistoles, Québec
Résumé de Site
QC046 Latitude
Longitude
48,167° N
69,200° O
Altitude
Superficie
0 - 25 m
58,46 km²
Habitats:
forêt de conifères (tempérée), forêt mixte (tempérée), arbustes ou brousailles, prairie naturelle, marais salant ou saumâtre, rivière ou cours d'eau, vasière saline, terrain rocheux ou dénudé
Usages:
Conservation de la nature et recherche, Autre, Loisir et tourisme
Menaces potencielles ou existantes:
dérangement des oiseaux, interactions avec les espèces indigènes ou maladie, déversements d'hydrocarbures
Catégorie: significative au niveau mondial: espèce(s) grégaire(s), significative au niveau continental: espèce(s) grégaire(s)
Status de protection: Refuge d'oiseaux migrateurs (fédéral)
Accès réservé pour les coordonnateurs des ZICO
Nom d'usager: Mot de passe:

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Description du site
L'île aux Basques est située à 4 km au large de Trois-Pistoles, à l'intérieur de l'estuaire du Saint-Laurent. Les Razades sont situées à 5 et à 7 km en aval de l'île aux Basques. L'île aux Basques et Les Razades sont un ensemble de trois îles rocheuses qui appartiennent, au point de vue géologique, à la chaîne des Appalaches. L'île aux Basques est la seule des trois qui possède une forêt, une réserve d'eau douce et qui est fréquentée tout au long de l'année par les oiseaux. À marée basse, la rive sud de l'île aux Basques se découvre et laisse apparaître une importante vasière. La rive nord, quant à elle, correspond à la fin des Appalaches et est bordée d'une zone d'eau profonde. Cette zone, qui s'étend sur environ 3 km vers le nord, s'avère une importante aire de repos pour les oiseaux aquatiques lors de leurs migrations.

À la fin du XVe siècle, l'île aux Basques était utilisée par les Européens; il s'agit d'ailleurs d'un des premiers sites à être utilisé au pays. Cette île servait également de lieu de commerce entre les Européens et les Premières Nations. Malgré sa longue histoire, le site s'avère remarquablement bien conservé. La Société Provancher, propriétaire de l'île, offre un service de navette en été et en automne.

Oiseaux
L'île aux Basques et Les Razades hébergent une grande variété d'oiseaux. En mai, environ 2000 Plongeons catmarins ont déjà été dénombrés à ce site, ce qui représente au moins 1 % de la population pour cette espèce dont la population est relativement peu connue. Le site accueille également un nombre significatif au niveau national de Cormorans à aigrettes avec plus de 1000 nids recensés, ce qui correspond à plus de 1 % de la population estimée de l'Atlantique. Les 2000 Canards noirs représentent, quant à eux, environ 2 % de la population de l'Atlantique.

L'île aux Basques s'avère l'un des endroits préférés des observateurs d'oiseaux. Depuis les années 30, on y a en effet relevé plus de 229 espèces, ce qui inclut les espèces qui fréquentent le milieu marin (superficie totale d'1 km2 incluant l'île). Parmi ces espèces, on retrouve le Balbuzard pêcheur, le Grand Héron (20 couples), la Bernache cravant (300 individus), l'Eider à duvet (1000 individus), le Goéland argenté (700 couples), la Macreuse à front blanc (1500 individus), le Garrot d'Islande (20 individus), le Harle huppé (2000 individus) et le Bécasseau violet (10 individus).




IBA Criteria
EspèceT | A | I Liens Date Saison Nombre G C N
Garrot d'Islande 1967 - 1981 SP 40 - 75
Goéland argenté 1969 - 1980 FA 3 000 - 5 000
Goéland argenté 1970 SU 3 000
Goéland argenté 1980 WI 3 000
Guillemot à miroir 1993 FA 2 000
Guillemot à miroir 1979 SP 1 500
Harle huppé 1990 - 2002 FA 2 000 - 2 500
Plongeon catmarin 1977 - 1997 SP 500 - 2 000
Quiscale rouilleux 2002 FA 25
Note: les espèces en gras dans ce tableau indiquent que le nombre maximum d'oiseaux à ce site excède au moins l'un des seuils de population (national, continental ou global). Il se peut que le site ne se qualifie pas à ce niveau de ZICO se nombre maximum correspondait à une observation exceptionnelle ou à une donnée historique.
 
Enjeux de conservation
L'île aux Basques et Les Razades, ainsi que les eaux environnantes, ont reçu le statut de Refuge d'oiseaux migrateurs en 1927. La Société Provancher limite l'accès aux îles et un gardien engagé à temps plein et demeurant à Trois-Pistoles voit à ce que cette restriction soit observée. L'île aux Basques est interdite aux visiteurs entre le 20 mai et le 15 juin, ce qui permet de ne pas déranger les oiseaux nicheurs (goélands, hérons et balbuzards). L'île aux Basques reçoit environ de 10 à 20 visiteurs par jour durant la période qui s'étend de mai à octobre. Cet achalandage expliquerait peut-être pourquoi le Bihoreau gris a cessé de nicher à cet endroit. Parmi les autres menaces qui pèsent sur les oiseaux, on note la présence du renard roux (présent en moyenne quatre années sur cinq). Ce dernier traverse la courte distance qui le sépare de l'île en hiver lorsqu'un pont de glace se forme entre le continent et l'île. Durant les années où les renards sont absents, on a recensé de 200 à 300 couples d'Eiders à duvet et un nombre équivalent de Goélands argentés. Il est à noter que Les Razades ne sont pas touchées par ces deux menaces. Enfin, le baguage des passereaux en migration a déjà été effectué sur l'île aux Basques.
Habitat du Poisson
Le paysage régional se définit par la présence de marais à spartine, d'herbiers de zostère marine, d'estrans rocheux et de plages de gravier et de galets. Certaines rivières du territoire sont d'importants sites de fraie pour l'éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent). Au début de l'été, on peut parfois observer le capelan qui roule sur les plages lors de sa reproduction. La dévalaison de l'anguille d'Amérique vers ses sites de reproduction dans l'Atlantique, qui a lieu à l'automne, permet la pratique de la pêche à la fascine. Deux autres espèces exploitées commercialement sillonnent les eaux libres de l'estuaire : l'esturgeon noir et le hareng atlantique.

La perte d'habitat du poisson demeure une problématique majeure dans la région. Les aboiteaux, par exemple, ont diminué grandement les sites propices à la reproduction du poisson, tandis que les terres agricoles en bordure du fleuve, le développement résidentiel et de villégiature et l'érosion côtière sont responsables de la destruction de plusieurs écosystèmes riverains.

Principales espèces présentes :
Anguille d'Amérique
Alose savoureuse
Capelan
Éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent)
Épinoches
Esturgeon noir
Hareng atlantique
Flore
La salinité des eaux du Saint-Laurent conditionne fortement la flore des habitats côtiers de la région. Les marais salés sont dominés par la spartine étalée, la spartine pectinée, le fétuque rouge et le carex paléacé. On y retrouve également, dans des proportions variables, une panoplie de plantes typiques du littoral estuarien : gesse maritime, livèche écossaise, Caquillier édentulé, glauce maritime, etc. Dans les zones submergées où le substrat est fin et le courant faible croît la zostère marine. Les herbiers de zostère abritent une biodiversité étonnante : mollusques, crustacés, poissons… qui attirent leur lot de prédateurs. De nombreux oiseaux piscivores, tel le grand héron, viennent y pêcher leur repas. La bernache cravant, quant à elle, entretient un lien étroit avec ce milieu puisque les parties souterraines de la zostère marine sont à la base de sa diète.

La perte d'habitats, que ce soit en raison d'interventions humaines (drainage des milieux humides, constructions de routes, étalement urbain, etc.) ou causée par des phénomènes naturels (érosion côtière), cause des pressions importantes pour la flore. De même, la pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants pour la flore et la faune du secteur.

Principales espèces présentes :
Caquillier édentulé
Carex paléacé
Fétuque rouge
Gesse maritime
Glauce maritime
Livèche écossaise
Spartine étalée
Spartine pectinée
Zostère marine

Le programme des ZICO est une initiative de conservation internationale coordonnée par BirdLife International. Les co-partenaires canadiens du programme des ZICO sont Études d'Oiseaux Canada et Nature Canada.
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