ZICO Île Bicquette
Rimouski, Québec
Résumé de Site
QC045 Latitude
Longitude
48,415° N
68,890° O
Altitude
Superficie
0 - 10 m
4,73 km²
Habitats:
forêt de conifères (tempérée), forêt de feuillus (tempérée), vasière saline, anse ou autre élément du rivage (marin), falaise côtière ou littoral rocheux, autre
Usages:
Conservation de la nature et recherche, Autre, Loisir et tourisme, Terrain urbain, industriel ou servant au transport
Menaces potencielles ou existantes:
interactions avec les espèces indigènes ou maladie, autre menace (diminution de la qualité de l'habitat), autre menace (événement)
Catégorie: significative au niveau mondial: concentrations de sauvagine, significative au niveau continental: espèce(s) grégaire(s)
Status de protection: Réserve nationale de faune (fédéral)
Accès réservé pour les coordonnateurs des ZICO
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Description du site
L'île Bicquette est située à 7,7 km au large de Cap-à-l'Orignal, une pointe de terre qui se trouve à l'intérieur du Parc provincial du Bic, sur la rive sud de l'estuaire du Saint-Laurent. L'île du Bic, plus grande, repose à 1 km au sud-est de l'île Bicquette. L'île Bicquette est composée de schiste argileux et est entourée de plusieurs récifs rocheux. Elle est aussi côtoyée par deux îlots recouverts de végétation herbeuse. On retrouve un phare et des habitations qui lui sont associées dans la partie ouest de l'île. Les forêts, qui sont principalement constituées de sapins baumiers, couvrent environ 75 % du territoire. Il s'agit de forêts qui ont été décrites comme denses et «trop matures», ne montrant que peu de signes de régénération.
Oiseaux
L'île Bicquette abrite la plus grande colonie d'eiders à duvet au Canada. On y a en effet enregistré un maximum de 14 925 couples en 1992, et la moyenne de cinq années (de 1991 à 1995) a été établie à 10 811 couples. Les données obtenues alors permettaient d'estimer qu'environ 5 % de la population nord-américaine de cette espèce fréquentait le site, soit 12,5 % de la population estimée de l'Atlantique (ssp. dresseri). Sur ce site, la densité de nids est aussi extrêmement élevée, avec une moyenne de 813 nids par hectare. En 2013, la population nicheuse d'eiders à duvet a été estimée à 6 372 couples, soit le résultat le plus faible jamais enregistrée en près de 50 ans. Cependant, il s'agit possiblement d'un cas exceptionnel, puisque les estimations des années précédentes présentaient des résultats comparables à celles des années 1990. En 1995, un inventaire aérien des oiseaux aquatiques présents sur le fleuve Saint-Laurent a permis de rapporter que 6 242 eiders à duvet fréquentaient les eaux situées entre les localités de Saint-Fabien et de Pointe-au-Père. Comme la grande majorité de ces oiseaux ont été aperçus à moins de 100 m de l'île Bicquette, il s'agissait sans contredit d'oiseaux de cette colonie. L'île abrite également une petite héronnière. l'inventaire héliporté de 2012 a permis de recenser 15 nids occupés par le grand héron, et la présence d'une dizaine de bihoreaux gris qui sont des nicheurs probables. Parmi les autres espèces nichant sur l'île se trouvent communément le goélands argenté et le goéland marin, le cormoran à aigrettes ainsi que la mouette tridactyle, bien que cette dernière soit en diminution en raison de la prédation.



IBA Criteria
EspèceT | A | I Liens Date Saison Nombre G C N
Eider à duvet 1990 SP 21 094
Eider à duvet 1967 - 2011 SU 13 106 - 29 850
Goéland argenté 1972 SU 3 100
Note: les espèces en gras dans ce tableau indiquent que le nombre maximum d'oiseaux à ce site excède au moins l'un des seuils de population (national, continental ou global). Il se peut que le site ne se qualifie pas à ce niveau de ZICO se nombre maximum correspondait à une observation exceptionnelle ou à une donnée historique.
 
Enjeux de conservation
Le fait que l'île Bicquette soit comprise à l'intérieur de la Réserve nationale de faune des îles de l'estuaire signifie que la colonie d'Eiders à duvet fait l'objet d'une gestion et d'un suivi annuel. Des mesures ont ainsi été entreprises afin que la collecte annuelle de duvet d'eiders soit effectuée à la fin de mai ou au début de juin, ce qui correspond à la fin de la période d'incubation.

La principale menace qui guette les eiders demeure toutefois la détérioration des forêts, lesquelles fournissent un couvert aux oiseaux nicheurs. Actuellement, celles-ci présentent peu de signes de régénération. Différentes hypothèses ont été énoncées pour expliquer ce phénomène : le piétinement des jeunes plants causé par le nombre important d'eiders; la saturation du sol en azote due à l'accumulation de fèces des oiseaux (les concentrations en azote présentes dans le sol de l'île Bicquette sont en effet plus élevées que dans tout autre site du même genre qui a été étudié au Québec); le broutage des jeunes pousses par le lièvre d'Amérique et la diminution de la production de graines de sapins baumiers étant donné l'âge de ces derniers. Des recommandations visant à favoriser le processus de régénération des forêts ont été proposées aux gestionnaires du refuge. Enfin, il est à noter que la prédation causée par le renard roux peut elle aussi avoir des incidences sur la colonie.

Habitat du Poisson
Le paysage régional se définit par la présence de marais à spartine, d'herbiers de zostère marine, d'estrans rocheux et de plages de gravier et de galets. Certaines rivières du territoire sont d'importants sites de fraie pour l'éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent). Au début de l'été, on peut parfois observer le capelan qui roule sur les plages lors de sa reproduction. La dévalaison de l'anguille d'Amérique vers ses sites de reproduction dans l'Atlantique, qui a lieu à l'automne, permet la pratique de la pêche à la fascine. Deux autres espèces exploitées commercialement sillonnent les eaux libres de l'estuaire : l'esturgeon noir et le hareng atlantique.

La perte d'habitat du poisson demeure une problématique majeure dans la région. Les aboiteaux, par exemple, ont diminué grandement les sites propices à la reproduction du poisson, tandis que les terres agricoles en bordure du fleuve, le développement résidentiel et de villégiature et l'érosion côtière sont responsables de la destruction de plusieurs écosystèmes riverains.

Principales espèces présentes :
Anguille d'Amérique
Alose savoureuse
Capelan
Éperlan arc-en-ciel (population du sud de l'estuaire du Saint-Laurent)
Épinoches
Esturgeon noir
Hareng atlantique
Flore
Les îles de la région sont formées de schistes et de quartzite. Malgré la rigueur du milieu et du climat, une flore étonnante parvient à y croitre. Dans les zones herbacées, l'épilobe à feuilles étroites et les graminées, tel le calamagrostis, dominent. De petits bosquets de rosiers sauvages, de framboisiers et de groseilliers agrémentent le paysage. Les secteurs plus à l'abri présentent des zones boisées formées d'épinettes. Dans la portion balayée par les marées, les algues colonisent le substrat rocheux tandis que les zones peu profondes abritent des herbiers de zostère.

La barrière géographique que constitue le fleuve Saint-Laurent procure aux ZICO insulaires une protection naturelle, souvent rehaussée d'une protection juridique. Toutefois, la pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants pour la flore et la faune du secteur.

Principales espèces présentes :
Calamagrostis
Épilobe à feuilles étroites
Épinette
Framboisier
Groseillier
Rosier sauvage
Zostère marine

Le programme des ZICO est une initiative de conservation internationale coordonnée par BirdLife International. Les co-partenaires canadiens du programme des ZICO sont Études d'Oiseaux Canada et Nature Canada.
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