ZICO La Malbaie–Pointe-au-Pic
La Malbaie–Pointe-au-Pic, Québec
Résumé de Site
QC094 Latitude
Longitude
47,644° N
70,126° O
Altitude
Superficie
0 - 5,8 m
15,85 km²
Habitats:
rivière à marées ou estuaire, vasière saline, anse ou autre élément du rivage (marin), falaise côtière ou littoral rocheux
Usages:
Conservation de la nature et recherche, Loisir et tourisme
Menaces potencielles ou existantes:
dérangement des oiseaux, pollution industrielle, autre menace (accroissement de la mortalité)
Catégorie: significative au niveau mondial: espèce(s) grégaire(s), significative au niveau continental: espèce(s) grégaire(s)
Status de protection: Habitat faunique – Aire de concentration d'oiseaux aquatiques (Québec), Rivière à saumons (provincial), Réserve mondiale de la biosphère, Zone inondable désignée (Québec), Zone d'intervention prioritaire (Québec)
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Description du site
Le site est situé sur la rive nord de l'estuaire moyen du Saint-Laurent, face à l'embouchure de la rivière Malbaie, dans la portion de l'estuaire où s'effectue la transition entre l'eau douce et l'eau salée. Le site s'étire le long de la côte sur une distance de 10,5 km et comprend la baie La Malbaie ainsi que la zone terrestre qui se trouve à l'intérieur des limites atteintes par les plus hautes marées. L'étendue du site vers le large n'a pas encore été déterminée. À l'exception d'un chenal créé par les eaux de la rivière Malbaie, la baie se découvre entièrement à marée basse.
Oiseaux
Les eaux du site attirent un nombre important de canards, incluant un nombre significatif de Garrots d'Islande en hiver et au printemps. On y a déjà en effet recensé jusqu'à 350 oiseaux, ce qui correspond à 7 % de la population de l'Est pour cette espèce. Les plus grands décomptes sont effectués en mars après que l'eau soit libérée des glaces, mais cette espèce peut également être aperçue en grand nombre au début de l'hiver, comme le démontrent les 196 individus qui ont été rapportés en 1998. Parmi les autres espèces de canards, on retrouve les Canards noir et colvert, l'Eider à duvet, la Macreuse noire (200 individus en 1993), le Garrot à oeil d'or et le Harle huppé. Il est à noter que le site est également visité par l'Arlequin plongeur de la population de l'Est, une espèce considérée en danger de disparition au niveau national.

Les eaux du site sont également utilisées par un nombre significatif au niveau mondial de Guillemots à miroir. C'est ainsi que sont régulièrement rapportés des milliers d'oiseaux de cette espèce au large, au cours de l'hiver, le plus grand total obtenu faisant mention de 3000 individus (décembre 1996), ce qui représente 2 % de la population mondiale pour cette espèce. Il est également possible d'observer cette espèce au cours de la migration printanière, mais le nombre d'individus observés à ce moment s'avère moins important.

Le site est également fréquenté par les laridés qui utilisent les vasières comme aires de repos et d'alimentation. Celles-ci accueillent souvent quelques milliers d'oiseaux durant la période où elles sont libres de glace. On y retrouve le Goéland arctique (maximum de plus de 200 oiseaux, soit 1 % de la population mondiale) ainsi que les Goélands marin et bourgmestre (en nombre comparable) au cours de l'hiver. En général, ce sont les Goélands à bec cerclé et argenté qui sont les plus nombreux avec jusqu'à 2500 individus nicheurs à avoir été recensés en 1995 pour le Goéland à bec cerclé et 1500 individus à avoir été dénombrés pour le Goéland argenté lors de la migration automnale de 1981.




IBA Criteria
EspèceT | A | I Liens Date Saison Nombre G C N
Garrot d'Islande 1995 - 2019 FA 35 - 620
Garrot d'Islande 1989 - 2020 SP 34 - 350
Garrot d'Islande 1990 - 2020 WI 34 - 800
Guillemot à miroir 1992 - 1997 SP 1 200 - 1 500
Guillemot à miroir 1996 WI 3 000
Harle huppé 1999 SP 2 400
Mouette pygmée 2006 SP 2
Mouette pygmée 2004 - 2013 SU 2
Quiscale rouilleux 2000 SP 35
Note: les espèces en gras dans ce tableau indiquent que le nombre maximum d'oiseaux à ce site excède au moins l'un des seuils de population (national, continental ou global). Il se peut que le site ne se qualifie pas à ce niveau de ZICO se nombre maximum correspondait à une observation exceptionnelle ou à une donnée historique.
 
Enjeux de conservation
Les déversements d'hydrocarbures constituent toujours une menace tout le long du fleuve Saint-Laurent. De plus, malgré les efforts qui ont été entrepris pour réduire la quantité de polluants industriels, ceux-ci s'avèrent toujours présents dans le secteur, et il est à noter que les effets de ces derniers sont toujours mal connus. Enfin, la proximité d'habitations et de routes peut s'avérer une source de dérangement des oiseaux qui se nourrissent ou se reposent près de la côte.

La totalité de la région de Charlevoix a été désignée comme Réserve mondiale de la biosphère. Une partie de la baie La Malbaie a, quant à elle, reçu le titre d'Habitat faunique – aire de concentration d'oiseaux aquatiques, un statut qui interdit toute activité pouvant modifier l'habitat à cet endroit. Le secteur de la baie La Malbaie sera également compris dans une Zone d'intervention prioritaire et sera nommé Zone inondable désignée.

Habitat du Poisson
Le paysage du secteur est composé de marais salés, d'estrans rocheux, d'estrans vaseux, d'estuaires de rivières et de longues plages de sable. La rencontre des eaux froides et bien oxygénées, avec les eaux plus chaudes du Saint-Laurent, entraîne une biodiversité sous-marine hors du commun. Plusieurs espèces marines sont exploitées commercialement, tels le buccin commun, la mye commune, l'oursin vert, la mactre de Stimpson, le crabe des neiges et le hareng atlantique. En outre, la cueillette de la mye commune lors des marées basses est une activité récréative répandue dans l'ensemble de la région de la Côte-Nord. La rive nord de l'estuaire héberge également une variété d'espèces pélagiques occupant un rôle important dans la chaîne alimentaire, tels le capelan et l'éperlan arc-en-ciel qui sont aussi pêchés de manière récréative.

L'habitat du poisson est touché par l'érosion côtière, le développement résidentiel, le harnachement de rivières et la villégiature. De plus, la présence d'industries affecte la qualité de l'eau par le rejet de substances polluantes. Le Saumon atlantique est sujet à la contamination par bioaccumulation des résidus d'alumineries.

Principales espèces présentes :
Capelan
Crabe des neiges
Hareng atlantique
Mactre de Stimpson
Mye commune
Oursin vert
Saumon atlantique
Flore
Le paysage littoral de la région est ponctué de marais salés. Les espèces végétales qui y poussent sont particulièrement bien adaptées aux rigueurs du milieu. Elles occupent différentes parties du marais en fonction de leur tolérance à la salinité de l'eau et aux périodes d'immersions causées par les marées. On y retrouve principalement la spartine alterniflore, la spartine étalée et la salicorne d'Europe. La formation serrée des tiges et l'impressionnant réseau racinaire de la spartine alterniflore favorisent le dépôt et la rétention des sédiments, réduisant ainsi l'érosion côtière. Dans les secteurs à faibles courants, la zostère marine colonise les sols vaseux, tandis que les algues marines prennent pied sur les substrats rocheux.

La destruction et la perte d'habitat (par le remblayage des rives, l'assèchement des marais, l'urbanisation) sont les principales menaces qui affectent les écosystèmes du secteur. La pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants. La propagation d'espèces envahissantes est à surveiller. Il est à noter que la région abrite 18 espèces floristiques endémiques, dont 2 espèces menacées au Québec.

Principales espèces présentes :
Spartine alterniflore – espèce vedette
Salicorne d'Europe
Spartine étalée
Zostère marine

Le programme des ZICO est une initiative de conservation internationale coordonnée par BirdLife International. Les co-partenaires canadiens du programme des ZICO sont Oiseaux Canada et Nature Canada.
   © Oiseaux Canada